LES AILES DU DÉSIR [FESTIVAL DE LA VOIX] – 24 MAI 2024

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Opéra

LES AILES DU DÉSIR

Le chef-d’œuvre de Wim Wenders devient un opéra politique à la croisée des genres.

Deux anges sont les témoins bienveillants des errances et des angoisses de l’humanité en quête de sens et de beauté. L’un d’eux tombe amoureux d’une trapéziste et renonce à son immortalité…

Le jeune compositeur d’origine tourquennoise Othman Louati s’associe au metteur en scène et marionnettiste Johanny Bert pour créer un opéra d’après le chef-d’œuvre de Wim Wenders Les Ailes du désir. Ce film mythique, grande source d’inspiration pour les deux jeunes artistes est le nouveau projet porté par la co[opéra]tive, collectif unique en France de trois scènes nationales et trois scènes lyriques.

Rappelons qu’à Tourcoing, nous avons déjà pu apprécier le travail de ce collectif atypique avec la Petite Messe solennelle, Rinaldo, La Dame blanche et Les Enfants terribles.

Création d’Othman LOUATI (1988)
Opéra pour 7 chanteurs, 13 instrumentistes sonorisés conçu avec Johanny BERT
Idée originale et scénographie Johanny Bert
Livret de Gwendoline Soublin d’après Wim Wenders

Mise en scène Grégory Voillemet
Direction musicale Fiona Monbet
Chef de chant Romain Louveau
Assistant scénographie Grégoire Faucheux
Dramaturgie Olivia Burton
Dessins Sebastiano Toma
Création lumières Jean-Philippe Viguié
Création costumes Pétronille Salomé assistée de Cécilia Delestre
Maquilleuse / perruquière Anne Arribas
Fabrication marionnettes Amélie Madeline
Regard extérieur Jean-Yves Courrègelongue
Sonorisation Anaïs Georgel
Régie générale Aurélie Valle

Damielle Marie-Laure Garnier soprano
Cassiel Romain Dayez baryton
L’Enfant et la Mendiante Shigeko Hata soprano
La mère sans insousiance et la Directrice du cirque Mathilde Ortscheidt mezzo-soprano / Marion Camille Merckx alto
Peter, l’Amant jamais aimé Benoit Rameau ténor
Le Vieux rescapé, l’Employé de cirque Ronan Nédélec baryton
Marionnettistes Gabriel Allée, Lucile Beaune, Enzo Dorr, Eirini Patoura, Aitor Sanz Juanes, Alexandra Vuillet

Ensemble Miroirs Étendus (13 instrumentistes en fosse)

Fabrication costumes, Ateliers d’Angers Nantes Opéra
Fabrication décors, Ateliers de l’Opéra de Rennes

Visuels : AILES DU DESIR Le Ciel de Berlin ©Sebastiano Toma slide / Othman Louati © Caroline Dotter

Représentations :

TOURCOING, Théâtre municipal Raymond Devos

vendredi 24 mai 2024 – 20h30

TARIF C
TP 15€ / TR 13€ / – 28 ans 10€ / – 18 ans 6€

Durée : env. 1h45

Production de la co[opéra]tive
Les 2 Scènes / Scène nationale de Besançon, Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne, Le Bateau Feu / Scène nationale de Dunkerque, Théâtre de Cornouaille / Scène nationale de Quimper, Opéra deRennes, Atelier Lyrique de Tourcoing.
SACD (Fond de création lyrique), et du CNM. La co[opéra]tive est soutenue par la DGCA -Ministère de la Culture et de la Communication.
Fabrication costumes, ateliers de Angers Nantes Opéra. Fabrication décor, ateliers de l’Opéra de Rennes.
Coproduction Angers-Nantes Opéra, La Comédie de Clermont-Ferrand.

NOTE D’INTENTION DU COMPOSITEUR : OTHMAN LOUATI

Les Ailes du désir de Wim Wenders, chef-d’œuvre du cinéma allemand, me semble le matériau rêvé pour réaliser un opéra qui soit politique et à la croisée des genres. À la manière d’Innocence de Kaija Saariaho, j’aspire à mêler les genres tout en confrontant le canon à un rythme plus proche de ce que le cinéma ou la série peuvent proposer. J’imagine également cette œuvre comme une grande forme responsoriale opposant la solitude des deux anges au contrepoint du chœur présent au plateau. J’userai des ressources de l’ancien madrigal pour étendre une grande forêt de sons du plateau à la fosse, réunir la voix divine et la parole des hommes. Toute une dialectique verticale sera en travail, le ciel du plateau et la terre instrumentale dresseront un cosmos prolongé par quelques fines ressources électroniques pour placer l’écoute du spectateur au cœur de la ville et du dispositif scénique. Enfin, j’aimerais incarner la présence des marionnettes de Johanny Bertdans un seuil proche du silence. Les éclats lyriques seront suspendus par leur lévitation, leur poésie et leur fragilité dans un grand ballet qui enchantera à nouveau les anges pour les porter jusqu’à la voix humaine.

NOTE DE MISE EN SCÈNE : GRÉGORY VOILLEMET

L’idée de porter un projet sur la scène procède tout d’abord du désir. Désir pour une œuvre, pour son sujet. Désir de le donner au public bien sûr, afin que l’idée prenne corporalité et fasse son voyage au travers des autres.

Lorsque les coproducteurs de la co[opéra]tive m’ont proposé de travailler à la mise en scène de l’adaptation opératique du film de Wim Wenders Les Ailes du désir, il me semblait important de retourner à la matrice, et qu’au-delà de l’impression forte que m’avait laissé le film, il m’était nécessaire de fouiller plus loin pour mieux discerner les différents thèmes et questionnements que Wenders propose d’explorer au travers de sa trame narrative, et que nous retrouvons dans l’opéra. Film expérimental et contemplatif, poème philosophique, Les Ailes du désir se situe dans le lignage d’Homère, dans le flot narratif issu de la poésie épique. Du fait de son fondement allégorique, marqué par la présence des anges dans le monde des humains, leur regard humaniste sur celui-ci, et plus particulièrement par le désir d’incarnation de Damiel et son passage du statut d’ange au statut d’homme, son choix d’aller de la transcendance vers l’immanence, le film propose une réflexion générale sur l’existence humaine, de son enfance à sa mort, sur l’être ensemble.

La découverte de la partition d’Othman Louati, sa manière si singulière de s’emparer du sujet et du livret, la poésie de son écriture m’ont profondément touché. Par la magie de son langage, de sa musique, il apporte toute la subjectivité poétique et esthétique qui était nécessaire à ce projet et qui existait dans le film de Wenders au travers des mouvements de caméra et du montage. Je me suis aussitôt remémoré une conversation avec le chef d’orchestre Armin Jordan où il me disait : « Au cours de ma carrière j’ai eu la chance de diriger principalement des œuvres avec lesquelles j’ai une affinité toute particulière. À chaque fois que je découvre pour la première fois la partition d’une de ces œuvres, c’est le même processus, que je n’explique pas, qui se produit. Ce processus engendre une relation si intime avec l’œuvre qu’en un regard je peux la discerner, la comprendre, en épouser le sens. Je la vois alors comme le tableau d’un peintre dont j’embrasserais chacun des coups de pinceau, chacune des nuances de couleur, et au travers de ceux-ci toute la poésie du peintre». C’est précisément ce qu’il s’est passé avec la partition d’Othman, et c’est son opéra qui m’a donné le désir de m’embarquer dans cette aventure.

Avec cet opéra, je souhaite offrir une forme scénique épurée et accessible, recréer par la magie du plateau l’espace prévu pour la réflexion du spectateur qui est si présente dans le film. Je veux une correspondance sensible entre le théâtre et la musique.

Grégory Voillemet, metteur en scène / juin 2023

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