PHILIPPE HUREL, Espèces d’espaces – 25 mai 2025 [Biennale LÀ-HAUT]

BACH, Cantates – 22 mai 2025
BERIO / DYLAN Folk songs – 03 juin 2025 [Biennale LÀ-HAUT]
Opéra

PHILIPPE HUREL, Espèces d’espaces

Vivre c’est passer d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner. Un spectacle profond et drôle entre la logique descriptive et le surgissement de l’inattendu et de l’inentendu.

Espèces d’espaces est un essai philosophique paru en 1974. De l’espace de la page blanche à l’espace du vide sidéral, en passant par l’espace urbain, Georges Perec examine son rapport à l’espace dans toutes ses dimensions. Sans être narratif, le texte a donné à Philippe Hurel la possibilité de construire une petite histoire traitant des choses de tous les jours, de la plus anodine à la plus monstrueuse. Il s’est ainsi inspiré de l’aisance de Perec à passer de la simple description aux aspects les plus sombres de l’être pour écrire une partition vive et pleine de contrastes. Sur scène, différents « personnages » s’expriment dans un contrepoint nerveux : une chanteuse, un acteur, un écran sur lequel certaines parties du texte sont projetées ainsi qu’un haut-parleur qui fait entendre des bribes de textes pré-enregistrées. Le texte de Georges Perec offre divers niveaux de lecture. À la fois profond et drôle, il a permis au compositeur d’écrire une partition riche et libre.

Spectacle tout public pour 1 chanteuse, 1 comédien, 1 haut-parleur, 12 musiciens.nes, dispositif électronique et vidéo
Musique de Philippe HUREL (1955)
Texte de Georges PEREC (1936-1982)

Créé en mars 2012 à la biennale Musiques en scène

Jean Deroyer direction musicale
Alexis Forestier mise en scène
Evi Kalessis vidéo
Élise Chauvin soprano
Jean Chaize comédien
Ensemble Court-circuit

Visuel :© 2E2M

Représentation :

TOURCOING, Théâtre municipal Raymond Devos

dimanche 25 mai 2025 – 15h30

TARIF C

TP 15€ / TR 13€ / – 28 ans 10€ / – 18 ans 6€

Durée : env. 1h15

L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie.C’est à partir de ces constatations élémentaires que s’est développé ce livre, journal d’un usager de l’espace.

Georges PEREC

Paru au Seuil (www.seuil.com)

Court propos sur un long travail pas à pas pour la composition d’un opus.

Avec Espèces d’espaces, c’est un Perec moins radical que l’on découvre, et sous une allure non narrative – bien que l’élargissement de l’espace chapitre par chapitre soit cependant déjà̀ une forme de narration – le livre donne la possibilité́ de construire une « petite histoire » traitant des choses de tous les jours, en passant du plus anodin au plus monstrueux. C’est cette aisance à passer de la simple description – avec l’utilisation incantatoire de listes – aux aspects les plus sombres de l’être qui m’a donné cette envie d’écrire une musique spécifique liée à l’ouvrage.

Ma musique, sans être « perequienne » ou oulipienne, est organisée à partir de contraintes et donne à entendre, sur le plan dramatique, des contrastes volontaires entre tension et détente, « sérieux » et dérision. Par ailleurs, le travail que j’ai développé depuis des années dans le domaine de la micro-variation à partir d’éléments répétés et obsessionnels n’est pas loin du traitement des listes dans l’écriture de Perec. La composition de la partition s’est faite dans trois directions principales : la mise en place de processus communs au texte et à la musique, l’utilisation d’une sorte de « madrigalisme » qui apparaît de manière plus locale et enfin un traitement musical plus libre lié à la rythmique du texte et à sa propre musicalité.

Philippe Hurel
Directeur artistique de l’Ensemble Court-circuit

GEORGES PEREC

Georges Peretz, dit Georges Perec, est un écrivain français. D’origine juive et polonaise par ses parents, Icek et Cyrla, il passe son enfance dans le quartier de Belleville. En 1940, il devient orphelin de père, Icek Peretz étant mort au combat. L’année suivante, sa mère l’envoie à Villard-de Lans afin de le sauver des Nazis. Elle-même déportée à Auschwitz, elle meurt en 1943. À Villard-de-Lans, les sauveteurs de l’enfant le font baptiser et francisent son patronyme qui devient alors «Perec». Mais en 1945, il retourne à Paris pour y vivre auprès d’une tante paternelle, Esther Bienenfeld.
Après l’école communale de la rue des Bauches, dans le XVIème où il se retrouve propulsé, Georges Perec intègre le lycée Claude-Bernard, puis le collège d’Étampes. En 1954, il tente hypokhâgne au Lycée Henri-IV et se tourne vers une licence d’Histoire qu’il abandonne assez vite. En parallèle, il suit une psychothérapie, d’abord avec Françoise Dolto, puis avec Michel de M’Uzan. Après son service militaire, il épouse Paulette Pétras et part un temps en Tunisie, à Sfax. En 1962, il entre comme documentaliste en neurophysiologie au CNRS. Vers cette époque, il commence à écrire. Son premier roman, « Les Choses, une histoire des années soixante », obtient le Prix Renaudot 1965. L’ouvrage surprend par ses descriptions détaillées des objets qui couvrent aisément des pages, le tout articulé autour des enquêtes d’opinion faites par le couple de « héros », Jérôme et Sylvie. Perec fait aussi dans ce livre un usage quasi systématique du conditionnel.

Encouragé par le succès obtenu, Perec persévère et produit encore deux romans, dont « Un Homme qui dort », où il tutoie carrément le lecteur, avant d’entrer dans l’Oulipo en 1967. A partir de là, tous ses écrits s’articuleront autour d’une contrainte, littéraire et/ou mathématique. Dès 1969, l’écrivain donne « La Disparition », roman qui conjugue la mystérieuse disparition du héros, Anton Voyl, avec celle de la lettre « e » qui n’apparaît pas une seule fois dans ce livre. Inversement, dans « Les Revenentes », en 1972, il n’utilise que la voyelle « e », créant au besoin, comme dans le titre, des fautes d’orthographe. Mais c’est en 1978, avec « La Vie Mode d’Emploi » (prix Médicis 1978), qu’il accède véritablement à la connaissance du grand public. En 2017, il entre dans « La Pléiade ».
Georges Perec meurt en 1982.

PHILIPPE HUREL

Après des études au CRR et à l’Université de Toulouse puis au CNSMDF de Paris, il participe aux travaux de la « Recherche musicale » à l’Ircam 1985/86 – 1988/89. Il est pensionnaire de la Villa Medicis à Rome de 1986 à 1988. En 1995, il reçoit le Siemens Förderpreis à Münich. Il enseigne à l’Ircam dans le cadre du Cursus d’informatique musicale de 1997 à 2001. Il est en résidence à l’Arsenal de Metz et à la Philharmonie de Lorraine de 2000 à 2002. Il est professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon de 2013 à 2017. Depuis 1991, il est directeur artistique de l’ensemble Court-circuit. Ses œuvres, sont éditées par Gérard Billaudot et Henry Lemoine.Après son opéra Les pigeons d’argile (livret, Tanguy Viel) au Capitole de Toulouse en 2014, son cycle Traits est créé la même année à Paris par Alexandra Greffin-Klein et Alexis Descharmes. En 2015, son cycle orchestral Tour à tour est donné à Radio France dans le cadre de Manifeste par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France et l’Ircam sous la direction de Jean Deroyer. La même année, l’ensemble Recherche crée Pas à pas, commande de Ernst von Siemens music Foundation, à la Biennale de Venise. En 2015-2016 il compose Global corrosion pour l’ensemble Nikel de Tel Aviv et So nah so fern, pour l’ensemble Spectra.
En 2017, le quatuor Arditti donne la première d’Entre les lignes aux Wittener Tage für Neue Kammermusik à Witten et en 2018 le quatuor Diotima crée D’autre part au Théâtre d’Orléans. Quelques traces dans l’air est créé en juin 2018 par Jérôme Comte, clarinette, et Johnannes Stockhammer à la tête du Philharmonisches Orchester des Staatstheaters Cottbus qui en est le commanditaire avec l’Orchestre Régional de Normandie et Buffet Crampon.
En 2020, le quatuor Tana crée En filigrane pour quatuor à cordes et électronique au Centre G.Pompidou dans le cadre du festival Manifeste/Ircam. En 2021, Périple sur des textes de Tanguy Viel est joué pour la première fois à la Philharmonie de Paris par Elise Chauvin, Alain Billard et l’ensemble KDM.
En 2022, trois créations ont eu lieu à Radio France : En spirale (2021), pour clarinette (commande EIC/Radio France), par Jerôme Comte au festival Présences, Autour (2019), pour piano, (commande Radio France) par Jean- Frédéric Neuburger, et Volutes (2020-21) pour hautbois et orchestre (commande Radio France et Buffet Crampon) par Hélène Devilleneuve et l’Orchestre Philharmonique de Radio France (direction, Pascal Rophé).
Enfin, la version longue et scénique de Périple a été créée au Théâtre de la Criée à Marseille en mai 2022 dans le cadre du festival Propagations. Il a terminé une pièce pour l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine et entreprend l’écriture d’un concerto pour le flûtiste Yubeen Kim et l’Orchestre symphonique de Bochum.

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