Atelier Lyrique de Tourcoing

Saison 2018-2019

La Forêt bleue

du 24 au 28 avril 2019 - Tourcoing Théâtre Municipal R. Devos

Opéra en famille

Louis Aubert (1877-1968)
Opéra féérique en 3 actes
créé le 7 juin 1913 à l’Opéra de Genève
Livret de Jacques Chenevière d’après Charles Perrault

Créé à Boston en 1911 sous la direction d’André Caplet La Forêt bleue ne sera reprise en France à l’Opéra-Comique à Paris qu’en 1924. Louis Aubert est de ces compositeurs pourtant très doués que d’autres, plus audacieux ou plus novateurs ont éclipsé. Très peu jouée depuis et injustement oubliés, l’œuvre et son créateur ont naturellement intéressé Jean Claude Malgoire !
L’HISTOIRE Le Petit Chaperon Rouge triomphera du Loup, son ami le Petit Poucet chaussera les bottes de 7 lieues de l’Ogre et le Prince sauvera la princesse de son sommeil profond, le tout sous la protection des Fées bienveillantes !

Un certain regard — Victoria Duhamel (mise en scène)

Dans cette féerie envoûtante, Louis Aubert entrelace les contes. Petit Poucet et Chaperon Rouge s’aiment, mais la mère de Chaperon Rouge ne l’entend pas de cette oreille : le garçonnet est trop pauvre. Et puis sa fille a mieux à faire, comme visiter sa grand-mère au fin fond de la forêt. Cette même forêt où le père du Petit Poucet, réduit à la misère, décide de perdre ses enfants. Pendant ce temps-là, une belle Princesse quitte son palais pour visiter ses sujets et se pique au fuseau d’une fileuse. Il faudra que le Prince qui la suivait incognito traverse la forêt pour la retrouver. À la lecture et à l’écoute, on s’émerveille de l’enchevêtrement de ces motifs familiers. Poussons l’imagination un peu plus loin. Pour mieux camper ces figures intemporelles, situons l’histoire dans un atelier de l’industrie textile en plein essor. Dans la ville de Tourcoing, par exemple, spécialiste du traitement de la laine et qui, au début du XXe siècle, quand Aubert achevait de composer La Forêt bleue, excellait dans l’art de fabriquer les tapis orientaux. Voyons la scène : les ouvriers s’affairent à leurs métiers à tisser. Les parents du Petit Poucet, malades, sont exclus de cette société régie par la force de travail. La Princesse observe du haut de sa tour ce monde laborieux dont elle ignore les peines. Hommes et femmes sont les manœuvres de la révolution industrielle qui cadence les vies et met au pas la nature. C’est ici qu’intervient la Fée bleue qui brode les destins, et entraîne nos personnages dans son monde, aussi enchanteur qu’inquiétant ; où la contemplation de la beauté est interrompue par le cri du Loup, où l’Ogre rôde, et dont il faudra affronter le mystère pour apprendre à vivre. C’est ainsi que nous ferons un spectacle pour les petits et les grands, où le fantastique et la magie côtoieront l’Histoire, où la poésie sera la trame de la sagesse.

Louis Aubert (1877-1968), un compositeur oublié

Enfant doté d’une jolie voix de soprano, il fut l’élève de Fauré au conservatoire avant de devenir un pianiste remarquable influencé par Ravel et Debussy. Parmi ses œuvres connues, notons les six poèmes arabes en 1917, la Habanera en 1919, et évidemment la Forêt bleue en 1913 mais commencée en 1904. Charles Munch a dirigé les Saisons, partition que le compositeur avait écrite pour l’exposition de 1937. Il a collaboré comme critique musical pour différentes revues. En 1956, il est élu membre de l’Institut et en 1958, Président de la Société Nationale de Musique. Il est également officier de l’ordre des Arts et des Lettres. Nous pouvons regretter que Louis Aubert ne figure pas dans les encyclopédies, même spécialisées. Il est injustement oublié…