Atelier Lyrique de Tourcoing
Photo de l’opéra La Cambiale di Matrimonio de Rossini © Danielle Pierre Production Atelier Lyrique de Tourcoing

Saison 2019-2020

La Cambiale di matrimonio

du 20 au 24 mars 2020 - tourcoing Théâtre Municipal R. Devos

Opéra

Gioacchino Rossini (1792-1868)

La Cambiale di matrimonio
Le Mariage par lettre de change
Farce créée au Théâtre San Moisè à Venise en 1810
Livret de Gaetano Rossi
Création Atelier Lyrique de Tourcoing  2016

Une farce lyrique (à haut potentiel comique) !

Le point de départ de l’intrigue de La Cambiale di matrimonio n’a rien de bien original : un couple d’amoureux est confronté à la tyrannie d’un père. Le thème est usé jusqu’à la corde depuis les origines du théâtre. Mais, ici, Rossini et son librettiste vont lui donner un coup de fouet et pousser sans retenue le bouchon audelà du raisonnable. Imaginez : un riche négociant anglais décide de vendre par correspondance sa fille unique (amoureuse d’un pauvre) à un riche propriétaire canadien… L’action débute le jour où l’acquéreur du nouveau Monde débarque dans l’ancien pour prendre possession de son « bien » S’enchaînent alors quiproquos, menace de mort, coups de théâtre, duel aux pistolets, le tout dans un délire effréné et jubilatoire. Formidable terrain de jeu pour un metteur en scène ! Mais tout finira bien : nous sommes tout de même dans une farce ! Le jeune et pauvre amoureux deviendra riche et épousera la belle. Et « les vieux riches » (le négociant et le Canadien) seront certes déçus, mais toujours riches ! (Laurent Serrano, metteur en scène)

À propos des « Airs de bagages »

Dans sa comédie L’Imprésario de Smyrne, Goldoni nous décrit cette coutume pratiquée par les chanteurs d’opéra au XVIIe et début XVIIIe siècle. S’adressant au castrat et à la prima donna : « Que mettrez-vous dans vos bagages ? » Réponse : « Tous les airs de Porpora, Galuppi, Albinoni, etc. » S’adressant au librettiste : « Et vous ? » – « Moi l’oeuvre complète de Métastase ! » Voilà qui en dit long sur les us pratiqués dans l’opéra italien en ces temps. Lorsqu’un chanteur n’était pas totalement satisfait du contenu de son rôle, il exigeait de pouvoir « l’améliorer » avec des airs de son choix le mettant en valeur. Le librettiste, lui, modifiait à son gré l’histoire à partir des « modèles » du grand librettiste Metastasio. Rossini lui-même avait recours à ce procédé en réutilisant à souhait des airs ou des ouvertures d’oeuvres (la plupart du temps de son écriture). L’exemple le plus célèbre de cette tradition était l’habitude qu’avait prise la diva Malibran qui exigeait (quelle que soit la représentation) de chanter à la fin de l’ouvrage la dernière scène de Juliette dans Les Capulet et les Montaigu de Bellini (scène de monologue). Pour notre représentation de La Cambiale di matrimonio, nous avons suivi la tradition des « airs de bagages » en attribuant à chacun des personnages un ou deux airs extraits d’oeuvres de Rossini (La Scala di seta, Ciro in Babilonia, L’Italiana in Algeri) pour rehausser leurs rôles sans nuire à la continuité théâtrale.