atelier lyrique Les Gouts reunis
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bach pergolese









Monsieur de Pourceaugnac
MOLIERE (1622-1673)
Jean Baptiste LULLY (1632-1687)
Comédie ballet en trois actes
Château de Chambord le 6 octobre 1669 pour le divertissement du roi
et donnée en public à Paris au Théatre du Palais Royal
le 15 novembre 1689.

Direction musicale François Lazarévitch
Mise en scène Vincent Tavernier
Chorégraphie Marie-Geneviève Massé
Costumes Erick Plaza-Cochet
Décors Claire Niquet
Lumière Carlos Perez

Les comédiens
Monsieur de Pourceaugnac Pierre-Guy Cluzeau
Julie Marie Loisel
Éraste, 2e Suisse Maxime Costa Nérine,
le 1e docteur, l'exempt Mélanie Le Moine
Sbrigani, Laurent Prévot
Oronte, le 2e docteur Marie-Alexandre Ferrier
L'apothicaire, 1e Suisse Quentin-Maya Boyé

Les chanteurs
Le prologue, la paysanne, 1e docteur chantant, Lucette, l'Egyptienne
Marie-Louise Duthoit dessus
Le prologue, le paysan, 1e avocat, l'Egyptien
David Lefort, ténor
Le prologue, 2e docteur chantant, 2e avocat, Polichinelle
Jean Louis Serre, baryton

Les danseurs de la Compagnie L'Eventail
Romain Arreghini, Marc Barret, Bruno Benne, David Berring, Olivier Collin, Robert Lenuz

Instrumentistes des Musiciens de Saint-Julien
Flûte et direction François Lazarevitch,
clavecin Matthieu Boutineau, alto Céline Cavagnac,
Hautbois Laura Duthuillé, Théorbe Miguel Henry,
viole de gambe Julien Léonard, violon Nicolas Sansarlat,
alto Pierre Vallet, violon Zefira Valova

Les Malins Plaisirs - Ensemble théâtral et lyrique du Pays de Montreuil-sur-mer sont soutenus par la DRAC Nord Pas de Calais, le Conseil Régional Nord Pas de Calais, le Conseil Général du Pas de Calais, le Syndicat Mixte du Montreuillois, la Communauté de communes du Montreuillois, la Communauté de communes du Canton d'Hucqueliers et la Communauté de communes Opale Sud, la ville du Touquet.

Tourcoing Théâtre Municipal Raymond Devos
samedi 11 février 2012 20h
dimanche 12 février 2012 15h30

4 représentations scolaires :
lundi 6, mardi 7, jeudi 9 février, vendredi 10 février 14h30

Résumé
Julie et Eraste s’aiment – mais Oronte a décidé que sa fille épouserait Monsieur de Pourceaugnac, gentilhomme limousin. Avec l’aide de Nérine et de Sbrigani, “fourbes” de haute volée, et de toute une bande de joyeux lurons, Eraste a donc “dressé toute une série de machines” propres à dégoûter de ce mariage aussi bien le futur beau-père que le futur gendre. Et c’est le chant, la danse, la musique, les travestissements et les mascarades qui vont permettre de faire triompher la morale de l’ouvrage : “Ne songeons qu’à nous réjouir, la grande affaire est le plaisir”.

La grande affaire est le plaisir

Pour Molière, la musique, le chant, la danse ne sont pas des “ornements” destinés à enluminer sa prose, et qui pourraient être supprimés le cas échéant : ils sont constitutifs de l’œuvre, et c’est de leur “tressage” qu’émane l’enchantement capable de volatiliser purement et simplement “tout ce qu’à nos vœux on oppose”. Restituer la comédie-ballet aujourd’hui, c’est donc chercher à en comprendre en profondeur l’esthétique et la poésie, tout en trouvant le langage formel susceptible de respecter l’esprit de 1670, et de toucher instantanément le spectateur contemporain, quels qu’en soient l’âge et la culture. Pas de gestuelle baroque, donc, ni de travail sur le vieux français, mais un souci permanent de la langue pour son dynamisme et sa saveur, de l’harmonie du jeu physique entre comédiens, chanteurs et danseurs, et du charme esthétique de tout l’aspect visuel du spectacle. En ce qui concerne ce dernier point, ce sont les œuvres de Dufy et Derain qui inspireront lumière, décors et costumes (…)
Quant au moteur intime de l’œuvre, il faut se souvenir que cette comédie-ballet a été créée le 6 octobre 1669 à Chambord à l’occasion des chasses, et vibre encore tout entière de ce grand élan de fêtes, de grand air… et de vendanges ! C’est une vraie force, une vague – plus bachique qu’apollinienne - qui se lève, se gonfle, et emporte dans son flot le pitoyable Pourceaugnac. S’il est un des personnages les plus bouffons de Molière, il en est aussi l’un des plus sots, et des plus antipathiques. On a voulu souvent faire du gentilhomme limousin une brave “rondeur” victime de la roublardise cruelle des Parisiens ; et l’on en viendrait presque à s’apitoyer sur la pauvre ganache emportée dans un cauchemar quasi-kafkaïen : ce serait se méprendre complètement sur la nature du propos. Pour Molière, l’incapacité de Pourceaugnac au plaisir, sa complète absence de fantaisie, son inébranlable sérieux sont à l’origine de tous ses défauts – égoïsme, prétention, arrogance, crédulité ; parce qu’il a eu le tort impardonnable de refuser de danser et de chanter (divertissement du 1er acte), il est tout simplement incompatible avec l’enchantement de la comédie-ballet et ne mérite que d’y insuffler, à son corps défendant (c’est une litote !), un énorme et salvateur éclat de rire. Tout ce qui pouvait représenter “l’esprit de sérieux” ayant été exclu, rejeté et anéanti, le final peut enfin déferler, à la gloire du plaisir – cette complexe notion que le XVIIe siècle a porté à l’extrême, et qui est la somme de tous les plaisirs, ceux de l’œil, de l’oreille, du goût, du cœur et de l’esprit.

Vincent Tavernier, 10 janvier 2010


infos

En savoir plus sur ce spectacle

— Presse >>>
— France 3
Vincent Tavernier sera sur le plateau du JT de 13h
vendredi 10 février 2012
>>>
— Rencontre
Introduction au spectacle Monsieur de Pourceaugnac,
avant la représentation du samedi 11 février 2012 à 18h30
au foyer du Théâtre Municipal

Monsieur de Pourceaugnac La comédie-ballet est en soi une machine à plaisirs. Celle de Monsieur de Pourceaugnac est aussi une machine de guerre, à double face. Elle met en scène une chasse à l’homme cynique et impitoyable menée par deux fourbes au nom des valeurs hédonistes qui règnent à la Cour, visant à expulser un intrus, provincial au sérieux épais, après l’avoir dépouillé de son statut social, de sa raison, voire de son sexe. Mais elle constitue aussi une lutte salutaire contre la mélancolie qui menace en permanence tout homme : la comédie - et plus encore quand elle est insérée dans un spectacle musical et chorégraphique - a en effet pour vocation selon Molière de purger les idées noires par le rire et la jouissance du jeu et de libérer les forces de la vie.
Par Christian Meurillon, maître de conférences de littérature française retraité (Université Charles de Gaulle Lille 3).
Collaboration Maison St Exupéry Accueil et Culture Lille.

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durée 2h sans entracte

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