Notre saison trentenaire fait la part belle à Rossini, l’invité d’honneur à qui sont dédiées quatre productions sur neuf : un festival Rossini, qui s’ouvrira en janvier 2012 avec La Petite Messe solennelle. Paraphrasant le bon roi Henri, je suis tenté de déclarer : “L’Atelier Lyrique vaut bien une messe !” et celle-là sera mise en scène par Jean Philippe Delavault, un clin d’œil à l’ambiance très festive qui entoura sa création dans l’hôtel particulier du comte Pillet-Will, et l’occasion rêvée de célébrer tous ensemble, au cours de l’entracte, l’anniversaire de l’Atelier lyrique ! Notre festival Rossini se poursuivra avec deux de ses opéras : Tancrède et le Barbier de Séville deux reprises de choix à voir ou revoir. Nous ferons une dernière halte rossinienne avec deux concerts que je commenterai, intitulés Péchés de Jeunesse / Péchés de Vieillesse, le premier sera donné en matinée et le second en soirée, ce sera l’occasion de découvrir de délicieuses pièces instrumentales de Rossini parmi elles les sonates pour instruments à cordes écrites à l’âge de douze ans, mais aussi des mélodies accompagnées au piano par François Martin, des airs connus ou d’autres raretés oubliées, des cycles inédits.
En début de saison, je vous propose en version de concert une œuvre mythique du bel canto : La Somnambule de Vincenzo Bellini, un compositeur beaucoup plus novateur qu’on ne le suppose généralement.
La musique sacrée sera bien présente elle aussi. Tout d’abord Le Messie de Haendel avec le chœur Arpège de Bordeaux qui m’a invité à fêter ses 40 ans. Il y a une familiarité avec ce chœur, car nous avons enregistré ensemble, il y a trente ans, une rareté musicale : le Miserere de Delalande récompensé par un diapason d’or. Avec le chœur de Namur, on retrouvera Jean Sébastien Bach et sa Passion selon Saint Jean.
Le jeune public n’est pas oublié, pour lui nous accueillerons deux spectacles de qualité : Monsieur de Pourceaugnac de Molière et Lully, mis en scène par Vincent Tavernier et chorégraphié par Marie–Geneviève Massé et Celui qui dit oui (der Jasager) de Brecht sur une musique de Kurt Weill dans une mise en scène de William Mesguich.
Le Tourcoing Jazz Festival fête ses 25 ans, dans ce cadre, je présenterai au Fresnoy Studio National des arts contemporains un concert que j’intitule Transversale, il viendra confirmer l’influence du jazz, véritable “bombe musicale”, dans la musique du début du XXe siècle. On entendra notamment dans ce programme les Folk songs de Luciano Berio, des pièces d’Igor Stravinsky, de Kurt Weill, de George Gershwin.
Quant au tout premier concert de la trentième saison, il sera tout à fait inédit, vous aurez l’occasion de découvrir la musique baroque andine où se mêlent œuvres sacrées du XVIIIe siècle et danses profanes des Indiens Moxos venus tout droit de Bolivie.
Jean Claude Malgoire
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